Publié le 7 mai 2026
Pour rappel, par bienveillance nous souhaitons œuvrer avec ceux et celles qui ont déjà décidé d'eux-mêmes d'apporter des changements à leur vie, mais pas de faire changer ceux et celles qui ne sont pas en recherche de changement. À certains moments dans le passé nous-mêmes n'étions pas en recherche de changement, donc c'est facile à comprendre que d'autres personnes pourraient passer par des moments pareils. Si vous n'avez pas envie de faire évoluer votre vie en ce moment, pas de souci, notre bienveillance pour vous reste inchangée. Nous souhaitons à tout le monde une vie pleine de joie, en bonne santé et pleine de sens, peu importe les différences dans nos modes de vie.
Où nous en sommes aujourd’hui
Depuis notre installation en 2019 notre empreinte carbone diminue et notre captage de CO2 augmente.
En août 2023, après un an de préparation, nous avons vendu notre voiture pour nous déplacer à vélo avec une assistance électrique (pour tracter les charges dans nos remorques à vélo) et occasionnellement en transports en communs pour les longues distances. Nous en sommes ravis et ne le regrettons pas du tout ! Avec l’organisation que nous avons mise en place la vie nous est au final facile et aisée sans voiture. En septembre 2025, avant de commencer à nous chauffer pendant l’hiver, nous avons terminé l’isolation de notre espace de vie. Le sol, les murs et le plafond ont chacun une valeur R de 5 (R = résistance thermique). L’isolation a coupé tous les ponts thermiques, comme on fait dans les maisons passives. Nous utilisons toujours un ancien poêle à bois comme notre seul moyen de chauffage et avons consommé seulement 2 stères de frêne coupé à 33 cm l’hiver dernier (0,7 m³ par stère pour cette longueur de bûche). La température moyenne dans notre espace de vie pendant l’hiver était autour de 21°C.
Nous captons de plus en plus de CO2 avec notre forêt-jardin et pépinière d’arbres fruitiers que nous cultivons avec une très haute densité et diversité végétale. Dans ce calcul nous ne comptons pas du tout le CO2 capté par la forêt de 17 hectares sur les autres parcelles de notre propriété. Nous comptons seulement le CO2 capté par notre forêt-jardin et pépinière d’arbres fruitiers qui occupent une surface totale d’environ 2000 m² (0,2 ha).
Voici un résumé de notre bilan carbone actuel. Les détails des calculs se trouvent dans les sections suivantes.
Nous captons environ 2,9 tonnes de CO2/an.
Nous émettons environ 1,45 tonnes de CO2/an chacun (chauffage au bois y compris), pour un total d’environ 2,9 tonnes à nous deux.
Dans les limites de précision des calculs, nous avons atteint une empreinte carbone neutre en captant à peu près la même quantité de CO2 que nous émettons.
Pour rappel, l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat est de descendre à 2 tonnes de CO2/personne/an d’ici 2050 pour éviter un dérèglement majeur du climat qui menacerait l’humanité. En moyenne les français sont autour de 9 tonnes/personne/an (chiffre de 2025).
Notre objectif est d’atteindre une empreinte carbone négative, c’est à dire de capter plus de CO2 que nous émettons. Nous allons y arriver via deux axes principaux.
1) Augmenter notre autoproduction alimentaire dans les prochaines années pour que la production de notre alimentation capte du CO2 plutôt que d’être une source net d’émissions. Dans notre empreinte carbone actuelle environ les 2/3 sont pour les aliments que nous achetons, malgré le fait de consommer que des aliments qui sont tout en bas de l’échelle d’émissions de CO2. Dans notre forêt-jardin nos arbres fruitiers, lianes, buissons et légumes perpétuels s’installent et entrent en production. Chaque année plus de végétaux fleurissent et fructifient. Après avoir terminé les rénovations de notre espace de vie nous aurons plus de temps libre pour produire encore plus en cultivant plus de plantes potagères, y compris dans notre pépinière d’arbres fruitiers où nous en cultivons déjà un peu.
2) Fabriquer notre poêle fusée de masse (rocket mass heater en anglais) qui réduira encore nos émissions de CO2 et notre consommation de bois de chauffage. Ce type de poêle est relativement récent, développé aux États-Unis dans les années 80. Aujourd’hui certains modèles ont été perfectionnés et peuvent être fabriqués par des particuliers en suivant rigoureusement les designs dans le livre « The rocket mass heater builder’s guide » de Erica et Ernie WISNER et les normes de sécurité. Leur consommation de bois est couramment entre 50 % et 90 % inférieure à un poêle à bois classique pour chauffer le même volume à la même température. La banquette intégrée d’un poêle fusée de masse et l’ensemble de la masse thermique absorbent une partie de la chaleur du feu, puis la restituent lentement pendant 24-48 heures après l’extinction du feu. La masse thermique agit comme une « batterie thermique » qui est chargée par chaque feu. Ceci réduit la fréquence des feux et aide à stabiliser la température ambiante. Il n’y a jamais de feu à bas régime (qui dégradent fortement la qualité de l’air à cause de particules fines émises) pour maintenir une température stable comme avec les poêles à bois classiques. Dans notre cas les feux dureront de 45 à 60 minutes une fois chaque 24 ou 48 heures. De plus sa combustion de très haute efficacité réduit la quantité de bois utilisé et réduit presque totalement les particules fines émises.
Sources :
- Objectif 2050 : 2 tonnes de CO₂ par personne
- Accord de Paris sur le climat
- « The rocket mass heater builder’s guide » de Erica & Ernie WISNER
Perspectives pour le futur
Nous ne nous arrêtons pas à la neutralité carbone, nous atteindrons une empreinte carbone négative dans le futur tout en ayant une très haute qualité de vie.
En atteignant l’autosuffisance alimentaire on devrait pouvoir réduire notre empreinte carbone hors chauffage au bois à environ 0,27 tonnes de CO2 chacun par an.
En se chauffant avec notre futur poêle fusée de masse nous devrions pouvoir réduire nos émissions de CO2 pour le chauffage d’environ 50 % en brûlant 1 stère de bois auto-produit par hiver.
Notre forêt-jardin devrait capter un peu plus de CO2/an en étant plus mature.
On pourrait imaginer une empreinte carbone d’environ 0,455 tonnes de CO2 chacun, chauffage au bois compris, soit un total pour nous deux d’environ 0,91 tonnes de CO2/an. Même si notre forêt-jardin et pépinière ne captaient pas plus de CO2 qu’aujourd’hui (~2,9 tonnes/an), nous aurions une empreinte négative d’environ -2,0 tonnes de CO2/an.
Pour les curieux, si on voulait inclure dans le calcul le CO2 capturé par nos 17 ha de forêt notre empreinte négative serait autour de -88 tonnes de CO2/an. Cependant, nous n’incluons pas ces 17 ha de forêt pionnière car elle n’est pas le résultat de notre œuvre et nous voulons comptabiliser seulement nos actions. De plus nous voulons éviter de donner l’idée aux gens qu’ils peuvent simplement acheter des parcelles de forêt et continuer leur mode de vie que notre biosphère ne peut pas supporter.
Nous souhaitons que les besoins universels de tout le monde soient mieux remplis qu’aujourd’hui. C’est possible de réduire ses émissions de CO2 tout en augmentant sa qualité de vie et le niveau de remplissage de ses besoins universels. Comme d’autres, nous le vivons nous-mêmes. Notre qualité de vie et niveau de joie n’ont jamais été aussi élevés que maintenant grâce à notre cheminement personnel et changement de mode de vie. Ce serait une grosse perte de qualité de vie pour nous de revenir au mode de vie classique qui engendre des émissions de 9 tonnes/an. Évidement nous ne reviendrions jamais à nos anciennes vies.
Le calcul de notre captage de CO2
Pour étayer nos affirmations ci-dessus voici le calcul pour une forêt-jardin de 5 ans en climat méditerranéen sur une surface de 0.2 hectare, soit 2000 m² (la surface de notre forêt-jardin et pépinière d’arbres fruitiers en agroforesterie). Pour info, un hectare, écrit « ha », fait 10 000 m².
La fourchette de carbone capté pour notre type d’agroécosystème est de 3–5 tonnes de carbone par hectare par an. Voici le calcul de la fourchette pour notre surface de 0.2 ha :
- Bas de la fourchette (3 tonnes de carbone ha/an): 3 × 0.2 = 0.6 tonnes de carbone/an = 600 kg de carbone/an = 2.20 t CO2/an.
- Haut de la fourchette (5 tonnes de carbone ha/an): 5 × 0.2 = 1.0 tonnes de carbone/an = 1,000 kg de carbone/an = 3.67 t CO2/an.
Dans notre forêt-jardin et pépinière il y a une très haute densité végétale, une forte vigueur et une diversité d’âge des végétaux allant jusqu’à ~60 ans pour certaines espèces partenaires. C’est pour cela que nous retenons la valeur moyenne de cette fourchette : (2,20+3,67) / 2 = 2,935 tonnes de CO2 captées par an.
Note : Cette estimation est basée sur des études scientifiques de référence sur l’agroforesterie, pas une mesure sur place. Une forêt-jardin de 5 ans capte moins de carbone qu’une forêt-jardin plus mature.
Sources :
- Vincente-Vincente J.L., Garcia-Ruiz R., Francaviglia R., Aguilera E. Smith P., « Soil carbon sequestration rates under Mediterranean woody crops using recommended management practices : A meta-analysis », Agriculture, Ecosystems & Environment, 2016
- Lemaire et al./Quinones et al. « Carbon stocks and changes in biomass of Mediterranean woody crops », Soil & Tillage Reserarch / Agronomy for Sustainable Development review, 2022.
- Cardinael R., Chevallier T., Barthès B., Dupraz C., Chenu C., « Soil carbon sequestration in a Mediterranean agroforestry system », conference/technical report, 2014
- Marti-Bono et al. « Enhancing carbon sequestration in Mediterranean Agroforestry Systems : A review », Agriculture, MDPI, 2022.
Le calcul de notre empreinte carbone
Empreinte carbone hors chauffage au bois
Voici les résultats de trois calculs différents de notre empreinte carbone annuelle que nous avons effectués ces dernières années :
- 0,79 tonnes/an CO2 – footprintcalculator.henkel.com/fr (ce calculateur n’est plus disponible)
alimentation 0,6 tonnes, domicile 0,2 tonnes, mobilité < 0,1 tonnes, vacances & loisirs < 0,1 tonnes - 0,75 tonnes/an CO2 – GoodPlanet.org
alimentation 0,56 tonnes, consommation d’énergie 0,156 tonnes, déchets 0,034 tonnes - 0,95 tonnes/an CO2 – NosGestesClimat.fr (notre empreinte personnelle qui est directement sous notre contrôle, comme les autres calculateurs)
alimentation 0,7 tonnes, logement 0,125 tonnes, divers 0,125 tonnes
La moyenne est de 0,83 tonnes de CO2/an chacun, soit 1,66 tonnes/an pour nous deux hors chauffage au bois.
La grande majorité des calculateurs d’empreinte carbone ne comptent pas le chauffage au bois en accord avec la position officielle de la Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, ce qui est discutable, car le raisonnement est que les arbres coupés sont remplacés par de nouveaux arbres qui capteront le CO2 relâché par la combustion du premier arbre coupé. Pour que les mêmes règles soient appliquées à tout le monde, nous y compris, nous présentons les résultats des trois calculateurs dans cette section. Ci-dessous se trouve le calcul de l’empreinte carbone du bois que nous consommons.
Empreinte de notre chauffage au bois
Nous tenons à représenter l’ensemble de nos émissions pour permettre de suivre notre bilan carbone. Voici les détails du calcul des émissions engendrées par notre chauffage au bois :
| Étape | Présomption | Calcul |
|---|---|---|
| 1. Volume de bois | 1,4m³ de frêne | |
| 2. Densité de frêne sec | ≈ 500 kg m³ (densité typique du bois sec) | 1.4 m³ × 500 kg m³ = 700 kg bois sec |
| 3. Fraction de carbone dans le bois sec | ≈ 50 % de la masse sèche | 700 kg × 0.50 = 350 kg C |
| 4. Conversion du carbone en CO2 | Molecular‑weight ratio CO2/C = 44/12 ≈ 3.667 | 350 kg × 3.667 ≈ 1 283 kg CO2 |
La combustion de 1.4m³ de frêne relâche environ 1 283 kg de CO2 (0,7 m³ de bois par stère pour des bûches de 33 cm de long).
Note : la carbone dans le bois avant combustion pèse moins lourd que le CO2 émis par la combustion du bois car lors de la combustion deux atomes d’oxygène s’ajoutent à l’atome de carbone pour former le CO2, donc une molécule de CO2 pèse plus lourd qu’un atome de carbone.
Sources :
- R. K. S. B. R. « Wood density of European tree species », Forestry Studies, 2019, vol. 45, pp. 112-119.
- J.G.K « Carbon content of woody biomass », Biomass & Bioenergy, 2021, 152:105-112.
- IPCC 2006 Guidelines for National Greenhouse Gas Inventories, Capter 4, Table 4.1.
- R.M. « Combustion efficiency of wood stoves », Renewable Energy, 2022, 180:123-130.
Total de nos émissions de CO2
| Notre alimentation et mode de vie à tous les deux | 1,66 tonnes/an |
|---|---|
| Notre chauffage au bois | 1,283 tonnes/an |
| Total | 2,943 tonnes de CO2 par an |
Conclusion
Notre exemple montre que c’est possible de réduire son empreinte carbone drastiquement sur une période de 5 à 10 ans tout en augmentant sa qualité de vie. Cela demande de la motivation, de l’apprentissage et du désapprentissage. Le chemin nous mène vers une qualité de vie inatteignable par celle⋅eux qui ne changent rien ou que de façon symbolique.
En se réveillant le matin nous sommes heureux de vivre en harmonie avec nos valeurs, d’être sur le chemin de devenir progressivement le changement que nous rêvons de voir dans le monde. Nous n’y sommes pas encore, il nous reste du chemin devant nous et nous ne sommes pas parfaits (qui l’est ?). Nous essayons d’avoir un impact beaucoup plus positif que négatif sur tout le vivant et notre biosphère et cela remplit nos besoins de sens, unité intérieur, positivité, joie, prendre soin, contribuer aux autres, d’accomplissement de soi, de plaisir et de satisfaction. Un aspect fondamental de notre projet est qu’il est écocentré (centré sur l’intérêt de l’écosystème entier, y compris l’humain) et pas anthropocentré (une vision où l’intérêt des humains est au centre de toutes les décisions et actions). Cela change tout. Tout notre paradigme actuel est anthropocentré, quand ce n’est pas égocentré (centré sur l’intérêt de l’individu). Vu comme notre survie et bonne santé dépendent intégralement de la bonne santé de notre biosphère, l’humain a grand intérêt à abandonner sa vision anthropocentrée pour adopter une vision écocentrée. En effet, nous pensons que cela fait partie du prochain grand pas évolutionnaire pour l’humain.
Dans notre article « Transformer l'éco-anxiété en actions positives » nous proposons 12 actions concrètes pour faire évoluer sa vie pour être plus en harmonie avec le reste du vivant et augmenter sa qualité de vie en même temps.
Pour lire sur notre proposition d’une évolution humaine dans l’intérêt de tout le monde, y compris les autres êtres avec qui nous partageons la planète, voici notre article « À l’aube d’une percée évolutionnaire ». Chacun qui met en pratique les solutions aux deux causes d'origine décrites dans l’article bénéficiera d'une vie de plus haute qualité, d'une meilleure santé et de beaucoup de sens dans sa vie, même si les autres autour ne changent rien.